Là, on abat notre carré d’as. Soit, le nec plus ultra hexagonal et largement au delà, en matière de jazz d’aujourd’hui et de musique improvisée. Parce que, quand même, excusez du peu, Michel Portal, un des musiciens occidentaux les plus singuliers, inclassable, échappant à toutes les déterminations. Comme le dit Francis Marmande, Portal se pose à la fois en activiste et en empêcheur de tourner en rond. Que dire de Daniel Humair, si ce n’est que, sur scène, il est partout sans jamais occuper la place – il propulse, converse, relance, ponctue, commente, traque le tempo – en conservant une qualité d’accompagnement extraordinaire, sensible, discrète. Louis Sclavis, est sans le moindre doute, l’un des musiciens européens des plus originaux et talentueux, boulimique insatiable d’aventures sans frontières, incapable de résister à ses désirs d’escapade stylistique, il s’impose depuis longtemps sur tous les fronts de la modernité. Enfin, Bruno Chevillon, l’exact complément de tout ce qui précède, sans aucun doute aujourd’hui, l’un des plus grand contrebassiste français de sa génération, qui en fait assurément, par son style et son intelligence, un partenaire sûr et recherché. Attention, vous êtes prévenus, pluie d’étoiles à prévoir sur la scène du Théâtre.

Michel Portal (saxophones, clarinettes, bandonéon),  Daniel Humair (batterie), Louis Sclavis (saxophones, clarinettes), Bruno Chevillon (contrebasse)