« Les gens qui ne rient jamais ne sont pas des gens sérieux. » (Alphonse Allais)

Musiques Libres va poursuivre son exploration de la musique des mots, de la musique de la langue, autour de concerts, bien sûr, mais aussi de performances texte-musique, de poésie sonore, de lectures musicales. Mais surtout, plus qu’à l’accoutumé, en mettant principalement l’accent sur l’humour. Car même si les mots savent dire les maux, l’émotion, ils peuvent aussi être terriblement farceurs. Et la musique, ne l’oublions pas, y sera ébouriffante et bien sûr innovante et, forcément, complètement libre. Modes de jeu et jeux de mots nous semble donc la formule adéquate pour définir cette édition.
Musiques Libres débutera le mercredi 29 octobre à 18h par le vernissage de l’exposition de photos de René Barsot « à peau de fleur et réciproquement », des photos parlantes puisqu’elles s’expriment par le truchement du langage des fleurs, ce qui est somme toute logique dans un festival qui s’intéresse au langage. Et puis, quelque part, ces photos agrémentées de fleurs ne manqueront pas d’évoquer ces cartes postales anciennes illustrées et fréquemment rehaussées de fleurs, comme au début du XXe siècle et de l’époque de la première guerre mondiale dont le centenaire est abondamment célébré.

Le jeudi 30 octobre nous ouvrirons le festival en célébrant un événement de l’année 1914, à savoir la naissance de Marguerite Duras, par le biais d’une formidable lecture musicale de son texte capital « La douleur » avec Sonia Fleurance et Benjamin Duboc. Une soirée qui se poursuivra avec une évocation bien particulière de la joyeuse boucherie de 14, cette époque où on savait si bien se fendre la gueule mais alors… littéralement. Catherine Jauniaux et Emmanuel Cremer mettront en voix et en musique le très étonnant texte de Violette Ailhaud, « L’homme semence » sur les femmes forcément abandonnées de leurs hommes pour cause de conflit et enfin, pour s’intéresser toujours à tous les humiliés, le quartet de Rémi Gaudillat et Bruno Toccane avec leur invitée Lucia Recio nous donnera sa version du Canto General de Pablo Neruda avec son projet Canto de multitudes.

Le vendredi 31, débutera en fin de matinée avec la performance de Dominique Fonfrède et Hélène Bass, « Jeux pour les oreilles et les zygomatiques », une débauche de jeux sonores et humoristiques. Et puis, en début de soirée, nous glisserons un œil indiscret dans la correspondance de Flaubert avec la contrebasse de Claude Tchamitchian et la voix de Jérôme Imard. Avant de présenter une formidable soirée autour de la chanson française revisitée et réarrangée magistralement, que ce soit avec le duo « j’ai le cafard » de Violaine Schwartz et Hélène Labarrière autour de la chanson réaliste des années 30, (Coïncidence heureuse, Violaine Schwartz sera en résidence toute la saison au cdn de Besançon), ou l’extraordinaire hommage à Boby Lapointe rendu par Jean Marie Machado et son orchestre Danzas et leur invité, le truculent André Minvielle.

Le samedi 1er novembre à 11h30, Laure de Noves et Christophe Delerce lanceront la journée avec une somptueuse et surprenante évocation d’Henri Michaux et… Marilyn Monroe dont on découvrira peut-être à cette occasion qu’elle n’était pas du tout la ravissante idiote à laquelle on a voulu la réduire. L’après midi sera consacrée au jeune public avec le très amusant spectacle « langue ! langue ! » de Nathalie Desouches et Charlène Martin. Et la soirée commencera à 18h avec Antonin Artaud interprété par le duo Kormak de Ly Thanh Tiên et Didier Lasserre qui n’hésiteront pas à nous proposer leur version de « pour en finir avec le jugement de Dieu » le jour de la Toussaint… Pour terminer avec, dans un premier temps, « langage, tangage » ou il sera question, en compagnie de Pierre Baux et Dominique Pifarély, de Gherasim Luca, ce poète qui évoque pour certain Raymond Devos en raison de cette façon ahurissante de détourner le langage et ces fameux jeux phonétiques. Enfin la soirée se terminera avec Robert Cohen Solal, dont tout le monde sait qu’il est le compositeur de la musique des Shadocks mais qui, ici avec son frère Jean, nous régalera d’un savant montage de textes de Henri Michaux sur la colère et le sentiment de révolte, tout à fait d’actualité…

Dernière journée dimanche 2 novembre qui débutera en fin de matinée par un texte irrésistible d’humour noir d’un auteur complètement oublié, Hélène Bessette par Claudine Hunault et Elise Dabrowski (SI LNB7). Et une après midi consacrée à Jacques Rebotier. Compositeur, poète, Rebotier illustre parfaitement notre démarche d’accompagnement de tous ces musiciens de la langue. Deux parties pour lui rendre hommage. Tout d’abord le duo Sarah Givelet/Charlotte Testu, « du vent dans les cordes » et ensuite, Jacques Rebotier en personne avec le batteur Edward Perraud pour « out of placards » d’après son ouvrage « 22 placards » (prix littéraire des lycéens et apprentis 2014), édité aux éditions Aencrages et Co de Baume les Dames près de Besançon. D’ailleurs Rebotier confie une autre partie de son travail à l’éditeur bisontin Les solitaires intempestifs.

Ps : – Nous l’espérons, mais nous ne sommes pas encore complètement sûr. Nous devrions proposer un événement dans l’événement, au cours de cette édition. Une surprise aussi étonnante que réjouissante. Bien entendu, dès que possible, nous vous tenons au courant.

- Cette édition est dédiée au très grand contrebassiste Charlie Haden qui vient de nous quitter dernièrement. Et le fait que de nombreux contrebassistes, et non des moindres, soient programmés est la meilleure manière de lui rendre hommage nous semble-t-il.

« Ne nous prenons pas au sérieux, il n’y aura aucun survivant. » (Alphonse Allais)

 

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